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Révolution sociétale: le projet de rééducation de masse contre le « sexisme ». Vincent Held

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La lutte contre le « harcèlement sexuel » est l’un des thèmes récurrents du World Economic Forum de Davos, où une « initiative contre le sexisme » avait été lancée en 2015 déjà.[1] L’accord du 13 juin dernier, signé avec l’ONU à New-York, annonce ainsi un tournant décisif dans la répression des « discriminations » envers les femmes. Que ce soit au travail… ou même dans la vie privée ! « L’ONU et le Forum [de Davos] vont militer pour faire adopter un cadre juridique, des politiques et des mécanismes efficaces, en vue d’éliminer les discriminations et le harcèlement envers les femmes au travail, dans l’espace public et dans la sphère privée. » (Accord du 13 juin 2019 entre l’ONU et le Forum de Davos) Le secrétaire général de l’ONU (Ban Ki-Moon) participant au lancement d’une

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Révolution sociétale: le projet de rééducation de masse contre le « sexisme ». Vincent Held

La lutte contre le « harcèlement sexuel » est l’un des thèmes récurrents du World Economic Forum de Davos, où une « initiative contre le sexisme » avait été lancée en 2015 déjà.[1] L’accord du 13 juin dernier, signé avec l’ONU à New-York, annonce ainsi un tournant décisif dans la répression des « discriminations » envers les femmes. Que ce soit au travail… ou même dans la vie privée !

« L’ONU et le Forum [de Davos] vont militer pour faire adopter un cadre juridique, des politiques et des mécanismes efficaces, en vue d’éliminer les discriminations et le harcèlement envers les femmes au travail, dans l’espace public et dans la sphère privée. » (Accord du 13 juin 2019 entre l’ONU et le Forum de Davos)

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Le secrétaire général de l’ONU (Ban Ki-Moon) participant au lancement d’une « initiative contre le sexisme » au Forum de Davos, en janvier 2015.

Un projet de contrôle social d’autant plus sournois que ni le « sexisme » ni le « harcèlement sexuel » n’ont de définition précise. Or, les technologies numériques offrent aujourd’hui des moyens illimités de détection – et donc de répression (notamment pénale !) – des comportements jugés déviants.

Pour comprendre la portée du partenariat entre l’ONU et le Forum de Davos conclu en juin dernier, il faut avant tout savoir que l’ONU considère les « remarques à caractère sexiste »[2] non seulement comme une « discrimination », mais même comme une forme de violence psychologique envers les femmes.[3] Et ce alors même qu’il n’existe pas de définition internationalement reconnue du « sexisme » ![4]

Une « remarque sexiste » peut donc être… tout et n’importe quoi. C’est d’ailleurs tout le problème de la loi française du 5 août 2018, qui introduisait le délit pénal « d’outrage sexiste »… (Des actes ou propos « sexistes » répétés constituant à leur tour un délit de « harcèlement sexuel ».)

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En Suisse, le canton de Genève est très en pointe dans la lutte contre le « sexisme » – que ce soit à l’Université, dans l’administration publique ou dans la rue. En attendant de s’attaquer à l’école et au cadre familial…

Et voici ce qu’expliquait récemment le magazine économique genevois Bilan :

« En Suisse, le sexisme est un aspect du harcèlement sexuel, et à ce titre, est condamnable au titre de la loi […] sur le harcèlement »[5]

Révolution sociétale: le projet de rééducation de masse contre le « sexisme ». Vincent Held

Or, voici un exemple de « sexisme » mis en avant par cette revue réputée sérieuse : « les commentaires sexistes » !

Même topo en France, où un guide d’intervention scolaire de l’Éducation nationale s’appuie sur la définition… du Petit Robert ! « Exemples de sexisme : des plaisanteries sexistes, des commentaires sexistes, un langage sexiste… »[6] Nous voilà bien avancés !

C’est ainsi que des actes qui n’ont pas de définition légale peuvent aujourd’hui constituer un délit pénal. Et ceux qui seraient tentés de sourire feraient mieux de se méfier.

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« Le regard est l’arme préférée du harceleur », nous explique doctement la Ville de Lausanne, qui a lancé une campagne contre le « harcèlement de rue » en 2018. Les « regards appuyés » (ou perçus comme tels) relèveraient donc du droit pénal !

Répression du « sexisme » : une culture de la délation se met en place

Voici en effet ce qu’expliquait récemment encore une députée écologiste (la quatrième force politique du pays) à la radio d’État suisse, à propos de son projet « d’application contre le harcèlement de rue » (EyesUp) :

« Ce que je crois, c’est qu’on va voir quil y en a partout [du harcèlement]. Dans les bureaux, au fitness, dans les bars, etc., et c’est ça qu’on doit démontrer. […] Au travail, on a l’impression que la frontière est beaucoup plus floue, parce que ce sont des gens qui nous ressemblent qui harcèlent – c’est nos collègues, quoi. »[7]

Et la jeune femme de préciser que son « équipe » avait l’intention de contacter les entreprises où « beaucoup de cas » seraient détectés, les responsables étant « obligés de protéger [leurs] employées contre le harcèlement ». Et pas même besoin d’expliquer à quoi cette fameuse notion de « harcèlement » pouvait bien faire référence !

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Tout est dans le « mais pas que »…

Un flou juridique parfaitement connu du gouvernement suisse, lequel reconnaît volontiers « qu’il n’existe pas de définition légale du ‘harcèlement sexuel’« . Ce qui ne l’empêche pas de soutenir la répression des « comportements socialement inacceptables » :

« Des incidents mineurs peuvent tomber sous le coup de cette norme pénale [contre le ‘harcèlement sexuel’] suivant le cas concret – par exemple, l’âge de la victime ou la différence d’âge entre elle et l’auteur peuvent jouer un rôle. Une série d’actes peu significatifs en soi peuvent, considérés dans leur ensemble, répondre à la définition de l’infraction. »[8]

Le fait que des condamnations pénales puissent être soumises à un arbitraire judiciaire total ne semble donc pas gêner le gouvernement helvétique… Et ce sont précisément ces failles qui sont en train d’être exploitées pour mettre en place un système de répression à la fois grotesque et terrifiant.

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Le canton de Genève nous rappelle ici, avec l’aide d’Amnesty International, que la « langue sexiste », « l’humour sexiste » et le « machisme ordinaire » sont bien des violences envers les femmes… (Extrait de la brochure « Du sexisme ordinaire aux violences sexuelles », oct. 2018)

Ce flou juridique (visiblement volontaire) se retrouve, sans surprise, aux États-Unis. Car voici ce que nous raconte la célèbre Harvard Business Review, qui s’est spécialisée dans les questions de « harcèlement » et de « sexisme » dans le sillage du raz-de-marée #metoo :

« Disons qu’il y a un type dépravé dans le bureau – quelqu’un qui fait des blagues de mauvais goût, qui regarde du porno dans son compartiment [d’open space], ou qui drague des employées plus jeunes. Tout le monde le connaît. Mais personne ne dit rien. […] Le message que reçoit le malfaiteur (perpetrator), c’est que son comportement est naturel et normal. Quand les témoins restent silencieux […] cela banalise le harcèlement sexuel. »[9]

Dénoncer les « blagues de mauvais goût » et la « drague »… et pourquoi pas les comportements « irrespectueux », comme le fait d’interrompre une femme lorsqu’elle parle ? Après tout, diverses études académiques démontrent que c’est là une manifestation typique du sexisme[10] Et le sexisme est une violence envers les femmes !

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Couper la parole à une femme sera-t-il bientôt un délit pénal ? Ou simplement une circonstance aggravante dans d’autres cas de « harcèlement sexuel » ? 

C’est précisément là tout le message de cette journaliste américaine en vogue, dont l’unique ouvrage traite de la rééducation des hommes dans leur rapport aux femmes – en commençant par la vie professionnelle. Or, voilà que l’ouvrage en question avait providentiellement paru juste à temps pour le Forum de Davos 2018, en pleine « affaire Weinstein » !

Et l’ensemble du panel de tomber d’accord sur le fait qu’il était nécessaire de mettre en place un système de reporting (c’est-à-dire de dénonciation) pour protéger les femmes. Et ce, pas uniquement pour les « agressions » ou la « contrainte », mais pour « le package complet » du « harcèlement » ! C’est-à-dire pour tout le « spectre » qui va des « biais [sexistes] inconscients » (!) à « l’agression », en passant par le fait de ne pas bien « écouter » ou de ne pas « valoriser les idées » des femmes…[11]

Car typiquement, « couper la parole à une femme », c’est créer un « environnement » favorable pour une « agression » ! Il s’agit donc de faire de la « prévention », y compris « à l’école » et dans le cadre familial…

Révolution sociétale: le projet de rééducation de masse contre le « sexisme ». Vincent Held

Eh oui, tout comme l’ONU, le Forum de Davos est parfaitement synchronisé avec le mouvement #metoo, dont il cautionne les méthodes de délation. Il va même plus loin encore, en recommandant d’effectuer un travail « préventif » dans les écoles et le cadre familial. En attendant que la prévention se transforme en répression…

Toujours cette même théorie du « continuum de la violence » sexiste, à laquelle adhèrent aussi bien l’ONU que le Conseil de l’Europe, le canton de Genève, ou encore la Harvard Business Review. Cette vision extrémiste est donc en réalité mainstream. Car le féminisme est, de fait, un projet de société soutenu tant par le droit international que par les puissances d’argent occidentales. Et nos lois contre le « harcèlement sexuel » vont lui fournir des outils de répression pénale taillés sur-mesure…

Révolution sociétale: le projet de rééducation de masse contre le « sexisme ». Vincent Held

Une question beaucoup plus pertinente qu’il n’y paraît…

Une volonté affichée de changer notre vision de l’homme et de la femme

Les hommes occidentaux pourraient ainsi bientôt avoir le choix entre se soumettre à une rééducation sans limite à « l’égalité de genre » – et encourir une répression dévastatrice pour leur vie professionnelle et familiale. Sans parler, bien évidemment, de leurs finances…

Révolution sociétale: le projet de rééducation de masse contre le « sexisme ». Vincent Held

Le président du Parlement néozélandais en train de biberonner en pleine séance de débats. Une image incongrue qui aura fait le tour du monde… pour le plus grand bonheur du Forum de Davos, qui ne cache pas son ambition d’opérer un « changement culturel », en dosant répression et rééducation…

A l’heure du Big Data et de l’intelligence artificielle, la répression du « sexisme » s’annonce donc sanglante.  Avec un objectif clairement affiché par le Forum de Davos : opérer un « changement culturel », qui doit transformer notre vision de l’homme et de la femme. Et permettre d’adapter rapidement notre démographie aux besoins de l’économie du XXIème siècle…

Révolution sociétale: le projet de rééducation de masse contre le « sexisme ». Vincent Held

Par Vincent Held, auteur d’Après la crise, chronique de l’émergence d’un nouvel ordre monétaire international (RdM, 2018)

Notes & Références

[1] « Emma Watson Launches New Anti-Sexism Initiative at Davos », Time, 23/01/2015

[2] « La violence à l’égard des femmes et des filles : quelques faits et chiffres », ONU Femmes (unwomen.org), état au 21/10/2019

[3] cf. « Sexisme, harcèlement et violence à l’encontre des femmes parlementaires », Union interparlementaire, 2016

[4] « Recommandation du Comité des Ministres aux États membres sur la prévention et la lutte contre le sexisme », Conseil de l’Europe (coe.int), 27/03/2019

[5] « Sexisme au travail : comment réagir ?  », Bilan, 18/05/2018

[6] « Comportements sexistes et violences sexuelles – Prévenir, repérer, agir », http://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr, état au 21/10/2019

[7] « L’invitée – Léonore Porchet, députée verte vaudoise », RTS, 07/04/2019

[8] « Harcèlement sexuel. De graves lacunes à combler » [motion n° 184049], parlament.ch, 28/09/2018

[9] « To Combat Harassment, More Companies Should Try Bystander Training », hbr.org, 31/10/2018

[10] cf. par ex. cette thèse de doctorat de l’Université de Canberaa qui, bizarrement, se trouve être disponible en format PDF sur le site de la chaîne d’information australienne ABC : « Let Her Finish: Gender, Sexism, and Deliberative Participation In Australian Senate Estimates Hearings »

[11] « How do we stop sexual harassment », World Economic Forum (via Youtube), 25/01/2018

Liliane HeldKhawam
Bienvenue sur le blog personnel de Liliane Held-Khawam! Vous trouverez ici plusieurs publications parues dans la presse ou dans des revues spécialisées. Liliane Held-Khawam est née à Héliopolis (Egypte) et a vécu au Liban, en France, Suisse, Etats-Unis.

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